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Quelles censures au cinéma ?
De toutes sortes, plus ou moins visibles : la censure politique, économique, militaire, judiciaire, religieuse, morale… et l’autocensure.
Pourquoi la censure au cinéma ?
Les motifs avoués sont les mêmes partout, depuis toujours :
- le maintien de l’ordre public (politique, économique, social)
- la sauvegarde des intérêts de l’Etat (surtout en temps de guerre)
- la conformité aux normes admises de comportement (sexuel, familial, social…)
- le respect de la religion
- la protection de la jeunesse.
Les motifs inavoués : le motif religieux peut être aussi politique (ménager les groupes de pression, contrarier un ennemi, plaire à un allié), la censure politique peut avoir des arrières-pensées économiques (assurer la vente à l’export, limiter la concurrence à l’import, rentabilité, politiquement correct).
La censure au cinéma, où ?
Partout où l’on projette des films.
Le découpage géographique de l’exposition reflète avant tout la proportion dans laquelle telle censure nationale est représentée dans les collections de la bibliothèque.
La censure au cinéma, quand ?
Elle naît avec le cinéma et s’institutionnalise en général dans les années 1910.
Avec la libéralisation des sociétés occidentales à partir des années 1960 et 1970, elle a évolué vers la classification des films selon des tranches d’âge pré-établies, à titre obligatoire ou de simple recommandation.
La censure la plus étudiée est toujours ancienne (régime renversé, critères dépassés, méthodes abandonnées, archives ouvertes aux chercheurs), les censures actuelles sont plus difficiles à documenter (opacité, absence de textes).
Quelles méthodes de censure ?
La plus spectaculaire : l’interdiction.
La plus radicale : la destruction du film et/ou de ses auteurs.
Les autres : coupure ou rajout, remontage, modification des dialogues, doublage des films étrangers ; refus de financement ou d’autorisation, tracasseries administratives, manipulation de l’opinion par le scandale, l’émeute, la campagne de presse.
On censure un film achevé ou un projet de film, un scénario, une distribution ou une équipe technique, une affiche ou une édition DVD.
Quelles règles de censure ?
Plus une censure est arbitraire, moins elle communique sur ses règles, ses critères, ses décisions et ses décideurs. Les codes de censure, quand ils existent, sont souvent très vagues, ce qui permet de les interpréter dans un sens plus ou moins restrictif. A l’inverse, des critères trop précis, appliqués trop systématiquement, peuvent aboutir à des décisions "de bonne foi" absurdes, parce qu’un film ne peut pas être calibré comme un produit industriel.
Quelles lois pour censurer ?
La réglementation du cinéma (production, exploitation, import-export). Mais d’autres textes de lois ont aussi servi la censure des films dans tous les pays : les codes civils et pénaux, les lois exceptionnelles en période de guerre, les textes anti-obscénité, les lois de douane.
Quels films ont été censurés ?
Tous les films, de tous les genres (fiction, documentaire, actualité, dessin animé…).
Parce que le visa de censure est obligatoire.
Parce que les formes de la censure sont multiples.
Parce que la censure est subjective : ce qui est autorisé ici est interdit là-bas. Et vice-versa.
Parce que la censure suit l’évolution de la société : ce qui était dangereux hier est inoffensif aujourd’hui. Et inversement.
Quels censeurs pour les films ?
L’Etat, les autorités locales (maires, préfets, Etats ou provinces dans les gouvernement fédéraux), les Eglises.
L’industrie cinématographique, le créateur lui-même (réalisateur, scénariste), les financiers, producteurs, distributeurs, exploitants de salles.
La Justice, sur plainte d’un particulier ou d’un groupe (droit à l’image, homonymie, ayant-droits…).
Les groupes de pression (églises, associations, partis politiques, syndicats).
Les censeurs puis les membres des commissions de contrôle ont été ou sont : prêtres, policiers, fonctionnaires, dames patronnesses, professionnels du cinéma, représentants d'associations familiales ou religieuses, éducateurs, psychologues.
Quels sont les résultats de la censure des films ?
Le meilleur : la stimulation de la créativité, l’invention de nouveaux langages de l’image pour contourner l’obstacle... la publicité gratuite pour les films à scandale.
Le pire : l’étouffement de l’industrie cinématographique nationale ; le piratage à l’échelle industrielle.
A bas la censure au cinéma ?
Oui, mais… Chaque nouvelle révolution a aboli la censure des films avant de la rétablir, parce qu’après l’avoir conspuée, on (l’Etat, le public, certains publics) la réclame.
Il y a des censures arbitraires qui indignent, d’autres moins. Il y a des censures officielles mesurées qui garantissent contre des censures officieuses plus dures.
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