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L'Arménie depuis 1991

   

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(Sources : sites et ouvrages divers)

Etal de souvenirs « patriotiques » :
Mont Ararat, grenades, blason de l’Arménie, khatchkars…

 

Mais la guerre n’est pas la seule embûche de l’Arménie sur le chemin de la consolidation de son indépendance. La disparition du réseau économique de l’URSS joint au blocus économique de l’Azerbaïdjan et de la Turquie provoque un effondrement économique record dans l’ex-URSS : de 1990 à 1995, l’Arménie aurait perdu de 80 à 90% de son PIB. Les hivers 1992 et 1993 se passent quasi sans électricité et sans gaz pour les habitants du pays.


Les nouveaux dirigeants du pays avaient pris, dès 1990, la décision de privatiser les terres agricoles. Il n’est pas exagéré de dire que cette initiative a sauvé l’Arménie de la disette au début des années 1990, en permettant à des exploitations familiales de taille réduite mais suffisante d’assurer l’autosubsistance en fruits et légumes d’une partie importante de la population. La privatisation des entreprises a été beaucoup plus heurtée. Elle a commencé dès 1991, mais de nombreuses usines se sont vues privées soit de marché, soit de produits nécessaires dans leur chaîne d’exploitation (comme toutes les usines soviétiques étaient dépendantes les unes des autres), soit de ravitaillement en électricité ou gaz à cause du blocus.
Jusqu’à la signature du cessez-le-feu, la situation économique s’est continuellement dégradée, avant que la croissance ne reprenne en 1995, appuyée par les organismes financiers internationaux : la FMI, la BM et la BERD essentiellement. Depuis 1998, cette croissance est soutenue et affiche deux chiffres depuis 2001.

 


La situation est donc encourageante au niveau macro-économique, mais la population ne partage pas équitablement les fruits de la croissance. Une poignée de « happy few » a tiré profit des années de privatisation pour créer des fortunes nouvelles : 45 familles détiennent aujourd’hui plus de 50% de la richesse du pays. L’accord « swap » de 2002, qui a suscité des débats houleux en Arménie et en Diaspora, a marqué le début d’une prise de participation croissante de la Russie dans l’économie arménienne. A côté de l’Etat arménien, la Russie est aujourd’hui l’actionnaire majoritaire dans presque toutes les entreprises clés du secteur énergétique et est présente également dans les transports et la télécommunication.
Illustration : Erevan la nouvelle. Les bâtiments neufs sont toujours construits en tuf, pierre volcanique rose ou ocre, matériau local déjà utilisé dans les années 1920 par l’architecte et urbaniste Tamanian.

 

Cette situation économique et sociale dégradée a provoqué, dans les années 1990, l’exode d’une partie de la population – estimée de 500 000 à 1 million de personnes - vers la Russie, l’Europe et les Etats-Unis. Pour l’énorme majorité de la population, la vie quotidienne reste plus difficile aujourd’hui que dans les années 1980.

La démocratisation du pays qui a suivi l’indépendance n’est pas achevée, comme en témoignent les résultats de plus en plus discutés des élections et la politique des minorités. Au moins, la séparation officielle de l’Etat et de l'Eglise apostolique a-t-elle rendu la liberté de culte aux Arméniens, pour qui la religion, même durant la période soviétique, n’avait jamais perdu son importance. La controverse concernant le rôle de l’Eglise sous le régime communiste n'occupe que quelques intellectuels ; pour l'immense majorité, l'Eglise est cette mère symbolique qui a toujours su réunir les Arméniens où qu'ils soient dans le monde, et qui dans les temps d'extrême difficulté a été leur ultime refuge.

 

L’animation et la vie qui règnent aujourd’hui dans la capitale offrent de l’Arménie une image plus optimiste que celle des chiffres : pimpante et accueillante pour l’étranger, Erevan est une ville festive, avide de nouveautés et de développement « à l’occidentale ». Concentrant un tiers de la population totale du pays, son dynamisme fait de l’ombre aux autres villes importantes dont certaines (comme Gumri, 2e ville d’Arménie) n’ont pas encore fini de panser les plaies du séisme de 1988, et laisse trop de côté les campagnes.
Illustration : Place de la République (ex-place Lénine) à Erevan.
Bordée à gauche par le Musée d’histoire nationale (invisible), au fond et à droite par des ministères.

Le lac du jardin de l’Opéra à Erevan

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