Toute l'actualité

Le parcours civique : un humanisme en actes

S'engager au service des autres
  • Le parcours civique ©Sciences PoLe parcours civique ©Sciences Po

Nouveauté liée à la réforme du bachelor, le parcours civique propose aux étudiants d’appréhender la citoyenneté et la responsabilité sociale à travers le développement d’un projet personnel au service des autres. Se déroulant hors les murs de Sciences Po, le parcours civique amène les étudiants à rencontrer des personnes de différents milieux travaillant les secteurs de l'éducation, de l'emploi, de l'environnement, de la justice, de la santé, de la paix, etc.

Cette mission de service répond également a un objectif pédagogique précis : former les étudiants par l’action. À travers la réalisation de leur projet personnel, ils acquièrent de l’autonomie, un sens de l’action publique, une ouverture d’esprit et une capacité à travailler collectivement. Ils dessinent également les premières pistes d’une orientation professionnelle grâce à la découverte de métiers et de structures.

Pour son stage de terrain, Guillaume Castan-Comet se rendra cet été dans un EHPAD dans la Creuse pour initier les personnes âgées au numérique.

Obligatoire, le parcours civique valide le diplôme de bachelor. Au cours de leur première année, les étudiants rédigent une lettre d’engagement, point de départ de leur projet, et effectuent un stage de terrain d’un mois pendant l’été. En deuxième année, ils mènent un projet libre de façon individuelle ou collective. En troisième année, ils restituent et valorisent cette expérience à travers la rédaction d’un rapport.

Lors de la journée de lancement officiel du parcours civique, le sens et les enjeux de l’engagement au service de ses concitoyens ont été évoqués par les acteurs du champ social qui accueilleront les premiers étudiants.

En savoir plus

Tags :

"Je suis partisane du leadership de service"

Astou Diouf, boursière Sciences Po - Mastercard Foundation
  • Astou Diouf ©Didier PazeryAstou Diouf ©Didier Pazery

Astou Diouf vient du Sénégal, elle fait partie de la première promotion des boursiers Sciences Po - Mastercard Foundation, un programme qui permet d’accompagner des étudiants du continent africain engagés.

Vous arrivez bientôt à la fin de votre première année à Sciences Po. Quelles ont été vos premières impressions ? Comment votre expérience a-t-elle évolué au cours de cette première année ?

J’ai découvert un nouvel environnement, et il fallait comme tout nouvel arrivant m’adapter aux règles sociales et effectuer toutes les démarches administratives relatives à mon insertion sociale. Au début, j’étais dans cette phase de découverte et d’émerveillement par rapport à la ville de Reims et ses beaux bâtiments et impressionnée par cette diversité culturelle interne et externe à Sciences Po. Et au fur et à mesure, on a du mal à s’adapter au climat, au rythme imposé par les études avec cette transition plus ou moins abrupte du lycée à l’université. Mais grâce à un accompagnement et un suivi pédagogique très efficace, on gagne en expérience et en maturité.

Au Sénégal, vous avez participé à un camp d’été consacré au développement des compétences en matière de leadership et d’entrepreneuriat. Quelles sont selon vous les qualités nécessaires pour un leader ou entrepreneur aujourd’hui ?

Dans une certaine mesure les qualités d’un entrepreneur et d’un leader sont complémentaires. Elles reposent sur le fait de pouvoir identifier les besoins de sa communauté et d’y répondre de manière efficace. Il ne s’agit pas d’une action individuelle où l’objectif est de se mettre en avant et de démontrer ses compétences mais une action collective qui nécessite la participation active de chaque membre de la communauté. Je suis partisane du leadership de service et c’est de là que découle ma volonté de venir en aide aux nécessiteux à travers un investissement concret et à impact.

Vous êtes une Mastercard Foundation Scholar et vous comptez un jour créer une entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

Le projet consiste à développer le secteur de l’agroalimentaire au Sénégal avec la transformation des produits agricoles passant par l’amélioration des relations producteur-consommateur, une restructuration industrielle et l’élaboration de stratégies efficientes et adaptées aux structures sociales. Et à plus grande échelle, l’objectif de ce projet est de favoriser une coopération interrégionale dans ce secteur en Afrique facilitant l’intégration économique. Compte tenu des dynamiques mondiales autour du secteur agricole, j’estime qu’il est impératif de le renforcer en Afrique et de pouvoir répondre aux défis alimentaires et environnementaux. Et grâce au camp d’été auquel j’ai participé, je me suis intéressée aux filières de l’agroalimentaire et j’ai eu le privilège de côtoyer des étudiants, des chefs d’entreprises, tous aspirant à contribuer au développement du continent et j’aimerai apporter ma pierre à cet édifice.

Qu’avez-vous appris à Sciences Po qui vous aidera à accomplir ce projet ?

D’une manière générale, j’ai appris à développer mon esprit critique et mes capacités d’analyse sur un sujet donné au travers des modules proposés. Ce fort focus sur les dynamiques politiques, économiques et sociales dans le monde me permettront d’étudier et d’analyser les aspects sur lesquels il faudrait insister pour mener à bien mon projet.

Comment le programme Mastercard Foundation vous accompagne-t-il dans votre expérience à Sciences Po et dans vos projets professionnels ? 

C’est une opportunité en or de pouvoir faire partie de ce programme et de côtoyer d’autres jeunes africains qui partagent cet amour pour l’Afrique. Et grâce à nos responsables que je ne manquerai pas de citer Mme Marie Azuelos et Mme Lucille Amsallem, mes camarades et moi avons pu surmonter les difficultés qui se présentaient à nous tant sur le plan académique que social. Et par rapport à nos projets professionnels, nous avons participé à plusieurs activités nous permettant d’expérimenter des situations valorisantes dans le monde professionnel à l’exemple du Forum Afrique Destination Emplois qui a été organisé à Paris. Par ailleurs, le programme nous offre l’opportunité de nous créer un important réseau grâce à un système de mentorat et des rencontres organisées avec des cadres, des hauts fonctionnaires…

Découvrir les autres boursiers du programme

Candidats en master : derniers conseils pour les oraux

  • ©Peter Bernik / Shutterstock©Peter Bernik / Shutterstock

Vous avez été déclaré admissible à un master de Sciences Po. Il vous reste à réussir l’entretien oral pour intégrer l’une de nos sept écoles. Les épreuves d’admission se déroulent du 16 avril au 14 mai 2018. Elle peuvent parfois générer du stress car vous vous posez encore des questions sur le profil des candidats recherchés, sur votre capacité à démontrer votre motivation et à défendre votre projet…. Restez serein et gardez confiance en vous ! Voici nos derniers conseils pour cette dernière ligne droite. 

1/ Relire son dossier de candidature

L’objectif de l’oral est de déterminer votre motivation et de juger de l’adéquation de votre profil avec Sciences Po.

Aussi, relisez précisément votre lettre de motivation et les différentes pièces que vous avez jointes au dossier de candidature. Remettez en perspective votre projet professionnel et toutes vos expériences : parcours universitaire, stages professionnels mais également toute autre activité telle que le bénévolat, un engagement politique ou social...

2/ Bien connaître la maquette pédagogique de son futur master

Le master correspond à la décision de s’engager dans un projet professionnel. Vous devez montrer que vous savez où vous voulez aller et illustrer votre motivation de manière concrète et argumentée. Il est donc très important que vous ayez pris connaissance des enseignements qui vous seront dispensés si vous êtes admis. Ce master ne doit avoir aucun secret pour vous.

3/ S’intéresser à l’actualité concernant votre domaine de prédilection

Un étudiant de Sciences Po doit avoir une réelle appétence pour le monde contemporain et ses enjeux. Les membres de la commission d’entretien qui vont vous entendre seront sensibles à votre curiosité et à vos connaissances concernant l’actualité et l’univers professionnel auquel vous vous destinez : le droit, le journalisme, les affaires publiques….

Et quelques conseils pratiques !

Prévoyez d’arriver en avance sur les lieux pour trouver votre salle et commencer l’entretien de façon détendue.

Assurez-vous d’avoir avec vous les documents nécessaires : votre convocation et votre pièce d’identité vous seront demandées pour accéder au bâtiment.

Dans le cadre du plan Vigipirate, les mesures de sécurité sont renforcées. Il importe de prêter une attention toute particulière aux consignes de sécurité.

Le 3 avril 2018 à 18h00, Sciences Po organise un Facebook live pour tout savoir sur les oraux des masters. À suivre sur notre page Facebook !

Pour aller plus loin

"Faire une thèse, c'est faire un choix de vie"

Entretien avec Ettore Recchi, directeur des études en sociologie
  • Ettore Recchi ©Caroline Maufroid / Sciences PoEttore Recchi ©Caroline Maufroid / Sciences Po

Envie de faire une thèse en sociologie ? Discipline-phare enseignée dès le Collège universitaire, la sociologie est aussi l’un des piliers de la recherche à Sciences Po. Comment la pratique-t-on à Sciences Po ? Comment trouver un sujet de thèse dans cette discipline ? Les conseils et réponses de Ettore Recchi, sociologue et directeur des études doctorales en sociologie à Sciences Po. 

Ettore Recchi, vous êtes sociologue à l’Observatoire sociologique du changement (OSC) de Sciences Po. Vos recherches portent notamment sur la mobilité en Europe, qu'est-ce qui vous amené à vous y intéresser ?

En tant que sociologue, je me suis toujours intéressé à des catégories spécifiques d’individus, des minorités souvent un peu obscures, mais qui sont en fait des acteurs clés de la reproduction sociale ou du changement social. Pour ma thèse, j’ai ainsi étudié les jeunes militants politiques en Italie. À l’époque, dans les années 90, la jeunesse politique italienne était impliquée dans ce qui semblait constituer un important mouvement de transformation. Pourtant, j’ai découvert qu’elle était majoritairement le résultat et le vecteur d’une continuité et d’une reproduction sociales. Dans la même logique, j’ai commencé, au début des années 2000, à m’intéresser aux mobilités européennes et plus précisément à ces citoyens européens qui s’installent dans un autre pays que le leur. Il m’a semblé que cette population transnationale contribuait à lentement éroder le socle plus que centenaire des modes de vie et de pensée centrées sur la nation.

En quoi ces citoyens européens “mobiles” changent-ils la donne ?

Avec la libre circulation, l’Union européenne a créé un statut unique de migrants bénéficiant des pleins droits de la citoyenneté et qui peuvent, - du moins sur le papier -, outrepasser le mécanisme traditionnel d’assimilation de l’État-nation. Ces migrants européens sont-ils facteurs de changement ? Oui, mais pas dans le sens où ils donnent du pouvoir aux institutions supranationales. Ils ont plutôt provoqué une contre-réaction violente, dont quelques-uns des seuils critiques ont été atteints lors du rejet de la Constitution européenne et des “plombiers polonais” et, plus récemment, avec le Brexit et son rejet du “tourisme social roumain”. Dans nos sociétés, les individus mobiles, et particulièrement les migrants européens qui en sont l’illustration parfaite, sont des “outsiders” qui exacerbent l’antagonisme grandissant des “locaux” contre les “cosmopolites”. Actuellement, je continue à m’intéresser aux mobilités et migrations humaines à l’échelle globale, dans une perspective à la fois macro et micro. Mon sentiment, c’est que les pratiques sociales transnationales sont une force de changement puissante. Le sens de ce changement doit encore être pleinement évalué et le résultat pourrait bien être paradoxal et contre-intuitif...

Depuis la rentrée dernière, vous êtes directeur d'études doctorales en sociologie et, à ce titre, vous accompagnez les travaux des doctorants de Sciences Po. Que vous apporte cette expérience ?

L’un des secrets pas si secret de Sciences Po, - un cercle vertueux cause et conséquence de son succès - est la qualité de ses étudiants. Qu’ils soient en master ou doctorants, les étudiants ici sont très stimulants et c’est un plaisir de les côtoyer. Ils disent ouvertement ce qu’ils pensent, ils écoutent, et la diversité de leurs expériences, – en termes de formations intellectuelles, de disciplines et d’origines –, accentue cela. Ce que j’apprécie le plus, c’est quand les étudiants entrent dans les détails de vos enseignements et vous offrent un point de vue auquel vous n’auriez jamais pensé. Récemment, un étudiant indien qui suit mon cours sur la liberté de circulation en Europe a posé la question : “Comment la libre circulation pourrait-elle être introduite en Asie du Sud-Est ? ». Je n’y avais jamais pensé, et je connaissais trop peu le contexte pour pouvoir lui répondre. J’ai finalement appris beaucoup en lisant le mémoire qu’il a écrit sur le sujet.    

Comment accompagnez-vous les étudiants dans leurs recherches ? Que leur conseillez-vous ?

Les doctorants ont une liberté d’exploration et de spécialisation unique dans une carrière académique. J’aimerais à nouveau avoir autant de temps pour lire, examiner, aller à des séminaires, brasser les données… Mais ils doivent trouver un compromis entre l’identification d’un sujet spécifique de recherche, qui permet d’accélérer l’écriture, et l’exploration intellectuelle, qui amène à poser de meilleures questions de recherche et d’élaborer des réponses plus détaillées. Un point essentiel est de trouver quelles sont les questions de recherche. C’est assez curieux que ce point soit souvent insaisissable et glissant pour beaucoup de jeunes (et moins jeunes) universitaires brillants. C’est ce qui m’a poussé à proposer cette année un cours intitulé “Questions de recherche sociologique” qui offre aux doctorants la possibilité d’échanger avec des chercheurs de notre faculté sur les questions de recherche qui inspirent leur travail. Les étudiants sont encouragés à aiguiser leurs vastes sujets de recherche pour les transformer en questions théoriques significatives – ce qui est plus facile à dire qu’à faire ! Transformer une sensibilité à un sujet en questions de recherche, les raccrocher à un débat théorique et, enfin, trouver les données et les méthodes qui peuvent mener à de potentielles réponses : ce sont les principes fondamentaux de la recherche.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants souhaitant faire un doctorat en sociologie ?

S’embarquer dans un doctorat, c’est un peu faire un choix de vie ! S’investir pendant des années dans la préparation d’une thèse mène à exclure certains choix de carrière en dehors de la sphère académique. Êtes-vous prêt à cela ? Ensuite, se pose la question de la sociologie. Après leur master, les doctorants en sociologie doivent être conscients que leur discipline est épistémologiquement plurielle. Quelle sociologie vous convient ? Est-elle représentée à Sciences Po ? Malgré l’incroyable variété des centres d’intérêts et des approches en recherche, la plupart des sociologues de Sciences Po tendent vers la recherche empirique. Ils ont aussi en commun une indépendance vis-à-vis des « écoles » et des « grandes théories ». Est-ce que cette liberté intellectuelle et cette propension à l’analyse fondée sur des preuves correspond à votre vision de l’enquête sociologique ? J’invite enfin les étudiants intéressé par un doctorat à élargir et approfondir leur connaissance d’outils et de méthodes bien au-delà de leur zone de confort. « Méthodes » vient du grec meta hodos, “se frayer un chemin” – et faire un doctorat c’est cela : un chemin un peu long, certes, mais sans aucun doute fascinant.

En savoir plus

"Vivre à Beyrouth m'a confirmé mon attachement pour le Moyen-Orient"

Découvrez le parcours de Wendy, en 3e année au Liban
  • Wendy Trogneux ©Sciences PoWendy Trogneux ©Sciences Po

Après avoir passé ses deux premières années d’études à Sciences Po sur le campus de Reims, Wendy Trogneux est actuellement en séjour d’études au Liban. Cours d’Arabe, stage dans une association de défense des droits des femmes, vie artistique et culturelle à Beyrouth, l’étudiante en troisième année raconte son quotidien.

En savoir plus

La formation de premier cycle de Sciences Po se déroule en trois ans sur l’un des 7 campus de Sciences Po. Elle permet d’obtenir un bachelor (bac + 3). La formation est consacrée à l’apprentissage des fondamentaux académiques et méthodologiques en droit, économie, histoire, humanités politiques, science politique et sociologie. La troisième année s’effectue à l’étranger dans l’une des 470 universités partenaires de Sciences Po.