Vertige littéraire à Jérusalem

Avec Le type qui voulait arrêter de mourir, Justine Bo, diplômée de Sciences Po, signe un roman sur un écrivain à succès qui se fait passer pour mort et s'enfuit à Jérusalem vivre une vie rêvée. Voir la vidéo.

On l'avait vue chanter il y a quelques années sur la scène de l’amphi Boutmy dans une comédie musicale mise en scène par le Bureau des Arts, l’association étudiante de Sciences Po. On l'avait ensuite aperçue sur Canal+. Puis, l’ancienne étudiante de Sciences Po est partie à New York réaliser des fictions et des reportages vidéos. Elle a retiré quelques lettres à son vrai nom pour signer un roman, puis deux, et maintenant un troisième. Justine Bo n'avait pas mis fin à ses pérégrinations ni à ses ambitions artistiques, bien au contraire. Voici son troisième roman paru à la rentrée 2016, Le type qui voulait arrêter de mourir : l'histoire d'un écrivain germanopratin, nommé Zakar Lerov, couvert comme il se doit, de femmes et de succès. La réussite ne le rend pas heureux. Il ne sait quel sens donner à sa vie. Quel but poursuivre quand on ne rencontre nulle part le moindre obstacle ? Par désir de rompre avec le quotidien, il se fait passer pour mort afin de voir à quoi ressemble la gloire posthume. Mais l’expérience ne fait que confirmer son nihilisme. Exilé à Jérusalem, oisif, le personnage de romancier disparu continue de chercher une issue dans les rencontres éphémères : « Avides de nier le néant, nos corps sont le terrain de guerres civiles silencieuses ». Heureusement, l’amour finit par arriver et s’incarne en la personne de la prostituée Bahia. L’espoir se dessine : « C'était comme si rien n'avait existé auparavant qui vaille la peine que l'on s'en rappelle. Chaque regard nouait nos esprits autant qu'il criait notre soif d'être l'un dans l'autre. Pour la première fois, je me reconnaissais en elle » (p 123). Cette rencontre suffira-t-elle à sauver le héros du désespoir ? Réponse à découvrir dans les dernières pages du livre. Mais à défaut de certitude sur les vertus de cet amour-là, il en est un autre dont le pouvoir ne fait aucun doute : celui du personnage envers la terre qui sert de décor au récit. Il est question d’« yeux voilés de lune » ou de « peau pleine de sagesses » : la plume de Justine Bo mêle le concret et l’abstrait en un style qui marie la nature à son personnage : « Si seulement la beauté des hommes pouvait, comme celle des oliviers, naître de ce qu’ils sont arides ».

 

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