He For She : Sciences Po parmi 10 "champions" mondiaux

Sciences Po figure parmi les dix “champions” universitaires choisis par l’ONU Femmes dans le monde entier pour leur engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes et leur capacité d’influence sur le sujet. Une reconnaissance et une énorme responsabilité pour Sciences Po.

Vous vous souvenez de l’incroyable discours d’Emma Watson qui a fait le tour de la Toile et transformé la meilleure amie d’Harry Potter en charismatique égérie du féminisme ? C’était aussi le lancement de la vaste campagne HeforShe de l’ONU Femmes, qui vise à mobiliser les hommes aux côtés des femmes pour lever enfin tous les obstacles à l’égalité entre les sexes.

Pour se mettre en ordre de bataille, l’ONU Femmes à décidé de désigner trente “champions” qui seront les porte-drapeaux de cette initiative mondiale. Nom de code : Impact 10x10x10. Soit dix présidents d’universités, dix chefs d’entreprise, et dix chefs d’État, dont la mission sera de donner une impulsion forte et de rassembler, dans leurs institutions et au-delà, en mettant en oeuvre une politique ambitieuse sur leur propre terrain.

Parmi les dix champions universitaires figure Sciences Po, aux côtés de neuf autres universités du monde entier, sélectionnées pour leur engagement et leur potentiel d’influence sur le sujet : Georgetown University (USA), University of Hong Kong, University of Leicester (UK), Nagoya University (Japon), Oxford University (UK), Stony Brook University (State University of New York, USA), University of Sao Paulo (Brésil), University of Waterloo (Canada), et University of the Witwatersrand (Johannesburg, Afrique du Sud).

Une reconnaissance de l’action pionnière menée par Sciences Po depuis plusieurs années, qui représente aussi une énorme responsabilité. Hélène Kloeckner, responsable égalité femmes-hommes à Sciences Po, nous explique comment l’institution entend se montrer à la hauteur de ce nouveau rôle.

  • Que représente pour Sciences Po cette “nomination” parmi les dix leaders universitaires de la campagne HeForShe de l’ONU Femmes ?

Hélène Kloeckner : C’est d’abord une reconnaissance du rôle pionnier que Sciences Po a joué en matière d’égalité entre les sexes. Depuis 2010, le programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre PRESAGE, développé conjointement par l'OFCE et Sciences Po, insère une réflexion sur le genre dans l’ensemble des activités : enseignement, recherche, formation continue. Le projet européen EGERA (Effective Gender Equality in Research and the Academia - eng.), soutenu par l'Union européenne, nous a permis à partir de 2014 de franchir une nouvelle étape et de structurer une action de terrain cohérente et efficace, basée sur les travaux de la recherche, en lien avec nos partenaires européens.

  • Cela représente aussi un changement d’échelle ?

H.K. : Absolument : nous travaillons déjà en réseau avec les correspondants égalité femmes-hommes de nos partenaires locaux (Sorbonne Paris Cité), nationaux, et européens. Désormais, nous allons pouvoir diffuser et échanger nos bonnes pratiques avec des partenaires de niveau mondial, sur tous les continents. Le but, c’est non seulement d’améliorer nos pratiques dans nos universités, mais aussi de créer un effet d’entraînement à travers les étudiants que nous formons. Les citoyens, les managers, les acteurs politiques de demain, ce sont eux…

  • Concrètement, qu’est-ce que ce nouveau rôle va changer ?

H.K. : Le choix de Sciences Po par l’ONU Femmes montre que nous allons dans le bon sens. Mais il nous pousse surtout à nous engager davantage. C’est à la fois une énorme motivation et une énorme responsabilité : nous devons nous montrer à la hauteur de ce rôle. Et mettre en oeuvre avec d'autant plus de détermination le plan d'action (pdf, 180 Ko) que nous venons de dévoiler, et qui court jusqu'en 2017.

  • Quels sont les engagements pris par Frédéric Mion au nom de Sciences Po dans le cadre de la campagne HeForShe ?

H.K. : Le premier engagement, c'est de favoriser un meilleur partage des responsabilités, professionnelles et familiales. Les hommes doivent pouvoir assumer sereinement leurs responsabilités familiales, et permettre du même coup aux femmes de mieux s'investir dans leur carrière. Nous allons par exemple proposer des entretiens de parentalité, et plus seulement de retour de congé maternité, et inciter les hommes à prendre leur congé paternité. Nous proposons des ateliers sur la négociation de salaire, l'art du réseau ou le partage des tâches à nos étudiants et étudiantes, qui pourraient aussi être ouverts aux salariés.

Le deuxième engagement, c’est de parvenir à la mixité dans tous les postes à responsabilité : il doit y avoir au minimum 40 % de femmes - ou d’hommes ! - parmi les décideurs, qu’il soient académiques ou administratifs. Pour cela, nous allons revoir toutes les procédures de recrutement. Il s'agit aussi de mieux repérer les hauts potentiels féminins, d'aller les chercher et de les promouvoir.

  • La campagne HeForShe insiste sur l’impact que les universités peuvent avoir sur leurs étudiants. Que prévoit le plan d’action en la matière ?

H.K. : C’est à eux que s’adresse notre troisième engagement. Nous mettons actuellement en place un parcours de sensibilisation qui court sur les cinq années du cursus. Ce parcours comprend des enseignements spécifiques et transversaux sur le genre, animés par PRESAGE, des ateliers de coaching organisés avec le Service carrières, une attention portée au choix des intervenants extérieurs, un travail avec les associations... Le but, c’est de construire une culture de l’égalité femmes-hommes dans tout Sciences Po. Et, à travers nos étudiants, de changer la société de demain.

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