David Dautresme/Christian Blanckaert

Interview croisée


« Nous avons eu la chance d'apprendre puis d'entreprendre. Il faut maintenant transmettre et rendre... »
David Dautresme (EF 56) et Christian Blanckaert (SP 67) co-président la campagne de levée de fonds de Sciences Po sur la France. Tous deux grands donateurs, ils animent avec convictions et enthousiasme le comité de développement et portent avec succès le message des ambitions de Sciences Po auprès des plus grands prospects de la campagne.

 

Pourquoi est-il essentiel à vos yeux que Sciences Po mène une campagne de levée de fonds ?

  • David Dautresme : Le financement de Sciences Po, entièrement privé jusqu’en 1945, est aujourd’hui près de 50% public. Pour permettre à l’école de poursuivre son ascension, notamment à l’international, sans dépendance excessive vis-à-vis des financements publics qui mettrait celle-ci en péril, une action systématique et structurée de levée de fonds est indispensable.
  • Christian Blanckaert : Cette campagne doit faire de Sciences Po une école parmi les meilleures et les plus ouvertes au monde. Elle permet notamment de soutenir, par le financement de bourses, une démarche qui me tient à cœur qui est celle du recrutement d’étudiants talentueux issus de zones défavorisées.


Pourquoi avez-vous accepté la co-présidence de la campagne France ?

  • David Dautresme : Pour plusieurs raisons. D’abord parce que je dois beaucoup à Sciences Po, je dirais même beaucoup plus qu'à l'ENA. Et aujourd’hui, après plus de 50 ans d'activité professionnelle, je pense pouvoir faire profiter Sciences Po de ma connaissance de nombreux donateurs potentiels. Je suis moi-même donateur depuis 2 ans et par ailleurs, je suis heureux de partager la présidence avec Christian Blanckaert, un ami talentueux, plus jeune et dont la carrière s'est déroulée dans un secteur différent du mien.


Parlez-nous de votre comité de campagne. Comment se compose-t-il ? Quelle est selon vous sa force ?   

  • David Dautresme : Le Comité de campagne, sélectionné avec la Direction du développement de Sciences Po et avec Christian Blanckaert, réunit des anciens élèves, hommes et femmes, toutes générations confondues, "ayant réussi". Il comprend également des membres qui n’ont pas fait Sciences Po mais qui sont convaincus du caractère unique du projet éducatif de l’école. Sa force principale c’est sa détermination et sa capacité à convaincre.
  • Christian Blanckaert : Il faut également souligner que nous nous engageons tous à titre personnel.


De quels atouts dispose Sciences Po dans la recherche de financements privés ?

  • Christian Blanckaert : L’atout premier de Sciences Po c’est l’audace et le courage de la politique de Richard Descoings. Sciences Po forme avec compétence et générosité des hommes et des femmes ouverts et talentueux qui viennent de tous horizons et de tous milieux sociaux et cela est essentiel pour l’avenir.


Pour quelles raisons le soutien des Anciens envers Sciences Po est primordial ?

  • David Dautresme : Le prestige d’une école tient plus à ce qu’elle est et devient qu’à ce qu’elle fut, et cela, les Anciens de Sciences Po doivent le comprendre comme le comprennent aujourd’hui tous les Anciens de Polytechnique, HEC ou l’INSEAD qui soutiennent leur alma mater. 
  • Christian Blanckaert : Ce devoir de solidarité et de générosité nous devons l'exercer chacun à la hauteur de ce que nous pouvons mais en faisant un effort. Nous avons eu de la chance d'apprendre puis d'entreprendre. Il faut maintenant transmettre et rendre...


Quel serait votre meilleur souvenir de Sciences Po ?

  • David Dautresme : Mes meilleurs souvenirs de Sciences Po : l'année préparatoire, aussi stimulante que formatrice. Les enseignements de George Vedel, Pierre Laroque, Paul Delouvrier ainsi que le cours sur le Trésor Public professé par François Bloch-Lainé, qui me valu une invitation à diner, "en famille", chez lui, lorsque j'étais en 2e année d'EcoFi (j'avais trouvé une erreur dans le premier "Tableau des Opérations Financières" !). Enfin, pour être honnête, mon rang de sortie lors du diplôme !
  • Christian Blanckaert : Je dois, comme vous tous, beaucoup à cette école où j'ai été si heureux. J'ai conservé des amis, connu des enseignants qui m’ont marqué comme Pierre Soudet, Raymond Barre ou Jacques de Larosière... ce fut un passage essentiel de ma vie et c'est bien normal de rendre un peu à Sciences Po de ce que l'école nous a donné...


Comment voyez-vous Sciences Po dans 10 ans ?

  • David Dautresme : Si Sciences Po continue sur la lancée que lui donne Richard Descoings et son équipe, un classement international dans les meilleurs, au moins égal à celui de la London School of Economics.